Sabots & galoches

Publié le par Carole

Sabots & galoches
Sabots & galoches... enfants, déjà nous n'en portions plus, de ces chaussures de bois, de ces chaussures de pauvres gens, de ces chaussures du monde d'avant. Mais nous avions des parents qui en avaient porté, nous avions vu des boutiques emplies de copeaux où menuisaient des vieillards somnolents.
Sabots & galoches... c'étaient des mots qu'on écrivait encore au tableau noir, des mots légers comme éperluettes, qu'on suivait du regard comme oiseaux familiers.
Les mots volent et s'envolent, et ne reviennent pas au poing du fauconnier.
Qui donc saura, demain, ce qu'étaient des galoches ? Ou même des sabots
Et les mots de demain, qui peut déjà les lire, en gros ou en détail ? aux enseignes effacées des vieux murs de la ville, ils ont pourtant leurs nids que nous ne voyons pas.
 
Le temps est ce maître inflexible en blouse de craie grise qui raconte nos vies avec des mots qui passent, et chaque soir efface son tableau. 
Et nous, les cancres, qui ne voulons jamais tourner les pages de l'unique leçon que nous avons apprise.
 

Publié dans Enfance

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Gérard 24/08/2015 23:22

Tout bouge et progresse ...la tableau et la craie sont devenus ordi

dominique 24/08/2015 13:13

"Qui donc saura, demain, ce qu'étaient des galoches ? " Peu sauront ce qu'étaient réellement les galoches et d'autres croiront le savoir à cause de l'expression "rouler une galoche"

Carole 24/08/2015 15:32

Tiens, je ne connaissais pas. C'est canadien ?

Nounedeb 23/08/2015 21:16

J'ai toujours une paire de sabots, pardon, de boutou coat, achetés à Concarneau il y a presque 50 ans. J'aime les mettre l'hiver, pour aller dans le jardin: leur bois épais isole parfaitement de la terre gelée. Je ne me souviens pas si j'ai porté, enfant, des galoches; mais quoi d'autre à mettre aux pieds?

Lorraine 23/08/2015 15:26

Quand j'étais une très petite fille, nous habitions au-dessus d'un marchand de sabots et j'ai pour toujours l'odeur de bois en mémoire. De l'autre côté de la maison, sévissait un aimable menuisier et ton texte les fait remonter à ma mémoire, ainsi que ce quartier de Bruxelles animé où je suis née. On ne porte plus de galoches, c'était peut-être pratique mais très laid! J'en ai enfilé sur mes chaussures d'écolières au cours d'un hiver rigoureux et neigeux. Mais personne après moi ne saura ce que sont, les galoches, chère Carole!.. Tu as raison!

michèle 23/08/2015 10:03

Tu as écrit là un texte magnifique sérieux, poétique et philosophique, Carole! L'emploi du vocabulaire nous renseigne vraiment sur la vie quotidienne des gens. L'évolution des mots est très intéressante ( § éperluette est particulièrement séduisant) . Celle de la syntaxe l'est peut être moins et on se demande "où est-ce qu'elle va mener le langage".

cathycat 22/08/2015 19:19

Les vieilles enseignes et murs peints sont précieux pour rappeler parfois qu'hier était bien différent, et tu nous le racontes de bien jolie manière... Belle soirée à toi.

zadddie 22/08/2015 14:05

Très beau !

Quichottine 22/08/2015 11:24

Et tes pages à toi, comme de doux souvenirs qui remontent à chaque lecture.
Merci !

flipperine 22/08/2015 11:13

et pourtant c'est important de savoir que nos anciens n'avaient pas le confort d'aujourd'hui

Aloysia 22/08/2015 09:40

Née dans la grande couronne parisienne je n'avais jamais entendu parler de sabots si ce n'est dans Sylvain et Sylvette ou Bécassine. Mais en effet, cela semble si proche... Et ton écriture nous offre encore une page de rêve ! Merci, Carole, de cette caresse de l'âme au cœur.

Aredius44 22/08/2015 09:30

J'ai porté des galoches
https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2013/11/21/les-socques-les-galoches-les-sandalettes-a-saint-yrieix-annees-40-50-60/
et j'ai manié la plane
https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2014/12/07/je-me-souviens-du-paroir-de-mon-pere/

almanito 22/08/2015 08:42

Ce refus de tourner les pages vient du fait qu'autrefois les objets avaient la valeur du travail artisanal. Je crois qu'il est sain de ressentir de la nostalgie pour une époque où chaque geste disait l'histoire de la vie des hommes. C'est peut-être le signe que nous avons gardé un peu de bon sens...

jill bill 22/08/2015 01:38

J'ai connu le sabot aux pieds d'une grand-mère, ceux pour le jardin et mon père avait les siens aussi... aujourd'hui on en trouve encore en terre cuite pour clouer au mur avec sa fleur... merci Carole