A la renverse

Publié le par Carole

A la renverse

.

Se laisser renverser, se laisser emporter, se laisser secouer. Se laisser bousculer, se laisser remuer. Ricocher. Jeter en tournant sur soi-même les vilains uniformes de chiffons couleur trouille qu'on avait emportés. Bondir un peu plus haut, et, pivotant toujours, secouer la boue grise de tous les préjugés qui lestaient nos semelles sur les sentiers battus. Se laisser retourner comme un oiseau luttant contre le vent, ne jamais s'arrêter, ne se tresser de nids qu'au fil de l'horizon. Danser comme une perle sur la peau de la nuit. Nager un peu plus loin.
Puis revenir à terre, puisqu'il le faut toujours. Prendre sa part de chute, puisque toujours on tombe. Renfiler son chemin, puisqu'on n'en aura qu'un. Mais le garder encore, le clair regard d'oiseau, alors qu'on rampe en bas. Etre d'ailleurs, pour mieux être d'ici, ne jamais avoir peur de n'être nulle part.
Pour pouvoir avancer - partir à la renverse.

Publié dans Fables

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Etre citoyen du monde, le meilleur moyen pour cultiver la tolérance. Bonne soirée Carole. Amitiés. Joëlle
Répondre
M
Sens dessus dessous, tes mots sautent et nous entrainent dans leur jeu aérien
Merci Carole
;)
Répondre
M
Etre nulle part ou de nulle part, un beau moyen d'appartenir à tout le monde, de se fondre dans la masse de ses contemporains!
Répondre
Z
ces contrastes chez toi qui nous plaisent tant...
Répondre
R
Et le Brexit, à nouveau en point de mire ...
Répondre
Q
Je vote aussi pour ce programme...
J'aime !
Répondre
N
Je vote, Carole, pour ce programme!
Répondre
L
Partir à la renverse, puis revenir, les yeux clos, dans toute la sérénité d'un voyage dont on ne reviendra plus...
Répondre
A
En quelque sorte prendre les chemins de traverse, malgré les pierres aigües et les ronces, un thème qui t'est cher, je crois. Mais la méthode est rude, à en juger par ta très belle illustration qui donne le vertige! ...Je dois vieillir :)
Répondre
O
Les chemins de croisements, quand ils sont faits pas à pas, enjoignent peu à l'immobilité. Peut-être parce qu'au bout de la route, il y a aussi ce qu'il s'est passé du long. Quoi de ce temps, s'il ne s'étire plus à la respiration, pour que l'avenir et le passé se parlent leur langage secret.
Répondre
C
La tête en bas ou la tête dans les étoiles ?
Répondre
J
Attraction à forte sensation, besoin de quitter la terre, les inventeurs le savent, la foire y pourvoit.... j'ai cru d'abord à un collier et son bijou... ,-)
Répondre