Coeur d'os

Publié le par Carole

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On voit cela souvent. Un arbre ouvrant son coeur au regard des passants. Et ce coeur est un mort, qui soutient l'arbre vert.
Car c'est ainsi que grandissent les arbres : sur leur propre coeur d'os. Le tronc haut du vivant s'appuie sur le vieil os, qui réchauffe sa mort dans la fourrure d'écorce du vivant qui l'abrite. Aubier et duramen. Duramen et aubier.
 
Nous emportons nos morts en nous, ils soutiennent nos vies, ils sont les grands tuteurs  où poser nos pensées, où faire grimper nos rêves. 
 
Sans eux nous serions si petits. Arbustes nains, genévriers rampants.
Sans nous ils n'auraient jamais pu savoir qu'ils étaient arbres.
 
Ensemble nous cherchons ce chemin vers le ciel qui s'en va de la terre, passant par les nuages, courant par les orages, tout trempé de ces larmes dont on fait les bourgeons.
 

Publié dans Fables

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H
Même un arbre peut se tenir debout longtemps . Que sommes-nous, les humains si vite couchés ou envolés en cendres ?...................
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M
Très vrai tout ce qui fait, tout ce qui nous construit et fait de nous des êtres vivants est un matériau mort, la vie, la mort, un même état?
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R
Profond et non moins superbe.
Comme à l'accoutumée ...
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Z
je ne le voyais pas ainsi...mais tu vois juste pour cette croissance des arbres..
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D
Passer sur certains blogues laisse des "traces". Quel texte, quelle réflexion admirable. Merci Carole.
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A
(Correction d'adresse)
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A
La vie nous porte, de mort en naissance et de naissance en mort, comme les vagues de la mer...
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A
Pas de rêve sans racines, je me demande souvent comment on peut se débrouiller sans tuteur ou avec un tuteur fragile...
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M
D'où l'importance de savoir d'où l'on vient, avoir les pieds sur terre et rêver à un avenir meilleur pour rendre forts nos petits.
J'aime beaucoup ce texte.
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Q
Ta fable est très belle, Carole.
J'aime énormément.
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J
C'est tout à fait ça....la mort, la vie se nourrissent entre eux... merci, jill
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