Ce matin

Publié le par Carole

Ce matin
Il y a des jours
où tout est gris
si déglingué
piqué de rouille
comme de sang
des jours sans fin 
des jours sans tain
où ça fait mal
tout ce qu'on voit
si mal au coeur
si mal encore
qu'on ne sait plus
où regarder
où la chercher
la flèche verte
vers demain
l'issue qui dit
qu'on peut sortir.
Ce matin
Alors ces quatre mots
ce matin dans la rue
se levaient-ils sous la pluie et le vent
comme un appel
comme un rappel
comme un cliché du vieux Doisneau
comme un baiser d'hôtel de ville
comme un poème du grand Prévert 
ou bien comme un pauvre drapeau
tout criblé de tempêtes
sur ses haubans meurtris ?
Je ne sais pas.
Mais au moins ils flottaient
sur notre jour d'après
comme un dernier baiser
comme un mouchoir en larmes
 
comme un linceul
 
pour eux.

Publié dans Divers

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Thérèse 21/11/2015 16:07

Des mots pour commencer à réapprendre.
C'est émouvant, c'est beau.

Dalva 20/11/2015 22:19

Je ne sais pas comment commenter cet article (ni le précédent) mais je voudrais juste te dire que ça me fait du bien de lire tes mots ... comment dire ? C'est à la fois fort et plein d'espoirs. Ce ne sont pas les premières paroles que l'on peu qualifier ainsi, mais ce sont les premières que j'entends ou lis sous une forme littéraire.

dominique 20/11/2015 13:02

Je crois depuis longtemps que tout événement a des conséquences après coup que l'on ne pouvait imaginer dans l'émotion du moment. Je rêve que les atrocités que nous avons vécues fassent prendre conscience à tous que le respect de l'autre est la seule issue.

Catheau 20/11/2015 11:43

Toujours beau, toujours juste ! Merci,Carole, de nous indiquer la voie à suivre.

Lorraine 19/11/2015 10:24

Le linceul du souvenir flotte dans tes mots, chère Carole et notre mouchoir en larmes ne peut rien, rien du tout, si ce n'est survivre. Avec courage.

JC 19/11/2015 08:35

Tu as les mots pour dire ce choses là ,Carole. Merci pour eux, merci pour nous. Amitiés. Joëlle

Livia 18/11/2015 20:02

Et ce drapeau qui battait au vent de pluie, ne disait-il pas que l'amour existait encore ?
Merci pour ce merveilleux poème.

FAN 18/11/2015 18:09

Préparons nous mouchoirs pour quelques temps, nous avons les "serial killer" qui ont décidé de nous convertir à leur manière de vivre mais comme durant des siècles, nous résisterons et surmonterons les désastres!! Vive LA VIE ET LA JOIE!!! Merci à toi pour ces très jolis mots pour les maux qui nos envahissent! Bisous Fan

flipperine 18/11/2015 17:44

en ce moment même si le soleil brille encore, on a le coeur bien gris

mansfield 18/11/2015 17:29

Comme ces larmes de sang qui ne sèchent jamais, hélas!

Quichottine 18/11/2015 14:16

Et tes mots, comme un hymne entonné par les millions de voix... un émouvant hommage.
Merci.

Jonas.D 18/11/2015 12:06

Désespérément amoureux de la fraternité. Mêler la tour parisienne au signe de la paix est une belle idée. Merci Carole.

Richard LEJEUNE 18/11/2015 10:53

Je suis heureux que le "Café Espérance" ait à nouveau ouvert sa porte car c'est là aussi que nous irons chercher les mots de notre futur pour que la plaie de notre présent parvienne à se cicatriser ...

Aloysia 18/11/2015 09:32

La rouille, le sang..; la flèche, le coeur, piqué... drapeau, linceul, eux... tous ces mots qui font mal mais qu'il faut dire et dire encore pour que la Paix enfin nous permette de respirer à nouveau...

M'mamzelle Jeanne 18/11/2015 08:55

Vos mots sont lourds ce matin..
nous sommes en larmes, la tempête continue avec ce mauvais vent
qui nous fera avancer sans crainte vers un Paris d'Amour

Tizef 18/11/2015 08:30

Poésie, en léger "décalé" précieux pour nos esprits torturés ...
merci.

Pastelle 18/11/2015 08:12

Je suis heureuse de voir que le café espérance a réouvert. Merci.

jill bill 18/11/2015 08:01

Pour eux, qu'on ne pourra oublier, une année sur Paris qui laissera un goût de sang et de larmes....

almanito 18/11/2015 07:45

Indomptable espoir qui prend toujours le dessus sur la barbarie.

Hélène* 18/11/2015 02:08

L'espoir a de longues racines qu'on ne pourra jamais réussir à détruire tout à fait. Il y a toujours des petits bouts de radicelles qui pulsent aux confins de l'âme. Et c'est peut-être de ces bouts de radicelles que renaît le monde, à chaque fois...
Hélène*