L'empreinte

Publié le par Carole

L'empreinte
Sur la portière de la camionnette, père Peinard il fumait en malice son petit air de n'être jamais mort. 
Sans plus rien de visage que le sombre contour des cheveux, la courbe mince d'une moustache, et sa pipe à chanter. Sans sa guitare perdue.
Mais reconnaissable entre tous. En un instant reconnu.
Il était là devant moi, comme une empreinte nette et charbonnée de frais.
Une trace de mémoire menant sans un zigzag, sur le sable de Sète, à ces refrains mille fois partagés qui dansent dans nos vies et guident nos pensées.
 

Il y a des gens comme cela. Qui ont seulement l'air de chanter et de fumer la pipe. Et qui laissent derrière eux, en s'éloignant vers la mer qui les happe, sur le sable vivant de nos coeurs, une tranquille, une profonde empreinte. - Une empreinte ? Non, je l'entends qui me pince sans rire, bon plaisantin des grands champs de là-bas : un sillon !

Publié dans Fables

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我的名字 29/07/2015 13:16

Une empreinte, j'aurais dit un sillon, et pas micro ;)

Carole 29/07/2015 18:05

Merci pour le jeu de mots. J'aime bien. C'était beau, cette image du "sillon" sur les vieux enregistrements.

mansfield 08/07/2015 12:35

Il y a en effet des copains d'abord qu'on n'oublie jamais!

saravati 08/07/2015 10:14

Un très bel hommage de ce dessinateur stylisateur et de toi avec tes mots-caresses.
(une chance que l'homme avait une sacrée tignasse, ça aide pour la reconnaissance)

Quichottine 07/07/2015 10:14

Incroyable moment... mais j'ai aimé le reconnaître aussi.
"Il y a des gens comme cela. Qui ont seulement l'air de chanter et de fumer la pipe. Et qui laissent derrière eux, en s'éloignant vers la mer qui les happe, sur le sable vivant de nos coeurs, une tranquille, une profonde empreinte. "
Que c'est beau !
Merci, Carole.
Passe une douce journée.

Nounedeb 06/07/2015 16:59

Ronron! ** )

suzâme 06/07/2015 14:07

Bonjour Carole,
Je suis heureuse de revenir vers toi. D'autres publications m'attendent chez toi depuis plus de 2 ans. Aujourd'hui je suis à la retraite et j'ai quitté l'IDF pour le Berry. Je me réjouis de savoir que j'aurai le temps de te lire ainsi que nos autres amies des blogs et d'écrire aussi, je l'espère. J'aime tes esquisses du bout de ta plume. A bientôt. Suzâme

Carole 06/07/2015 20:16

Ravie de te retrouver, Suzâme ! A bientôt.

Livia 06/07/2015 11:09

Avec sa pipe et sa guitare, son sourire timide, il nous a comblé de jolis mots chantés.
Je pense que comme Brel, il ne mourra pas de sitôt, tant qu'il y aura des gens pour se souvenir de lui, on n'est vraiment mort quand personne ne parle de vous!
Bonne journée à toi

Aloysia 06/07/2015 10:35

Ce qu'"impression" veut dire... Sur le néant nous projetons ce que nous voulons. Sur l'indifférencié, nous imprimons ce que nous inspire l'instant. Merci, Carole, pour cette belle illustration de la notion d'"apparence". "Je" regarde - et le monde apparaît !

M'mamzelle Jeanne 06/07/2015 08:03

Il est resté présent.. vivant dans nos cœurs, ce poète-chantant des mots simples si proche de tous.
Bourru au charme fou...

Alain 06/07/2015 07:10

Le cimetière marin de Py n’est pas sur la plage de Sète, mais situé sur la corniche dans les hauteurs de la ville, près du ciel. Sur le grand pin parasol planté entre deux cyprès, derrière sa tombe, est écrit par un peintre ces quelques paroles de chanson :
"Est-ce trop demander sur mon petit lopin. Plantez je vous en prie une espèce de pin. Pin parasol de préférence."
Je croyais entendre la voix rocailleuse du poète.

Carole 06/07/2015 10:50

Où que soit ce cimetière (et je me doute bien que ce n'est pas au milieu des "baigneuses" en effet), il est "sur la plage de Sète" de la chanson, ce vrai tombeau du poète.

almanito 06/07/2015 05:58

Les poètes ne meurent pas, particulièrement celui-là! Brassens sans modération!

jill bill 06/07/2015 03:30

Brassens... c'est bien fait tout ça ! Là sans n'être plus là....