Avenue Montaigne

Publié le par Carole

Avenue Montaigne
La belle dans sa robe à 1960 euros. Le mendiant béquillant en survêt' de misère. Colocataires tranquilles du trottoir schizophrène.
Cette façon qu'a le luxe de scintiller tout près de la misère...  Et cette indifférence de la misère à côtoyer le luxe. Cela m'a toujours fendi le coeur. 
Si souvent je me suis interrogée. C'est si étrange. Une énigme vraiment. Aussi bizarre, aussi aiguë que cette grille à pointes d'or empalant nos questions.
Et d'un seul coup, avenue Montaigne, je l'ai vue, ma réponse, toute simple, toute sotte et si triste, dans le profil absent de ces deux-là :
chacun regarde de son côté.

Publié dans Fables

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J
J'ai vu à Bangkok les banques de marbre noir, sévèrement gardées et devant ces mêmes gardiens, les roulottes des vendeurs de soupe à 4 baths le bol. J'ai longtemps pensé à ces contrastes "exotiques". Aujourd'hui cet exotisme nous a plus que rattrapé. Jonas
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Q
Eh oui... mais j'espère toujours qu'un jour ils pourront partager un peu...
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L
où le luxe côtoie la pauvreté extrême !
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M
Un regard incisif pour une situation pittoresque et combien telles que celle-là!
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M
Je pense effectivement comme Aredius qu'il y eut des époques (Moyen Age, Révolution industrielle, guerres...) où l'écart entre pauvres et nantis était au moins aussi grands sinon plus qu'aujourd'hui et ce pour un nombre autrement plus important de personnes. La grande différence, me semble-t-il, est la vitesse à laquelle l'écart se re-creuse malgré un système social globalement performant. A qui la faute ? A tout un chacun sans doute, mais la course au profit des financiers et des multinationales reste sans doute la principale responsable.
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C
Pour ajouter à ce débat, il me semble qu'il est triste d'en être réduit à regarder en arrière en se disant que "ce n'était pas mieux avant". On nous a retiré la foi en l'avenir, en somme.
E
à moi aussi, cela a toujours "fendi" le coeur... Faut croire qu'on n'est pas si nombreux que ça à avoir le coeur "fendu"... Faut croire que certains espèrent toujours à un moment ou à un autre avoir la garde-robe fendi pour accepter cette situation... Et c'est vraiment cela qui me sidère le plus : les semi-pauvres espèrent toujours devenir des "fendi" et du coup, ne s'offusquent pas du tout de la misère au silence hurlant...
Très beau billet.
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M
Bonjour Carole,

hélas, ce n'est pas inhabituel. Une remarque que je me suis faite également plus d'une fois.
Comme deux planètes bien distinctes
J'aime ton regard qui fouille et débusque
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G
deux monde qui ne rencontrent jamais...même pas du regard
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R
Remarquable acuité de votre regard sur leurs deux regards !
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F
et oui maintenant c'est chacun pour soi c'est l'indifférence qui règne
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A
Qu'en dirait Michel de Montaigne ?
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A
Chacun ? Combien vois-tu de personnages ? N'est-ce pas plutôt MOI qui suis schizophrène ? Et POURQUOI ?...
Bises, Carole. Excuse mes interrogations...
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C
Une personne (le mendiant) et un "personnage" (le mannequin dans sa robe de grand luxe - j'ai vérifié le prix !). J'ai été frappée par le fait que le mannequin tournait la tête.
L
Le grand luxe, en arrière plan de la misère, un aspect des plus banales de nos sociétés de sur consommation...
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M
Atroce réalité d'une société où l'écart entre les nantis et les autres n'en finit pas de se creuser dans une indifférence quasi générale !
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C
Certes. Mais jamais dans l'histoire on n'a vu d'aussi énormes inégalités. Jamais...
A
Pensez-vous qu'avant la "société de consommation" ce n'était pas pire ?
La grande différence était que le % de pauvres était bien plus important qu'aujourd'hui.
Ceci dit on ne peut se satisfaire de la situation actuelle.
On oublie vite l'histoire.
A
Leur horizon n'est pas le même...
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N
Très beau, ce "jeu" de regards. Un jour, un jour? pourront-ils seulement se croiser? pour se voir?
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A
Etonnante indifférence, comme si tout était "normal", mais ce qui m'étonne le plus, c'est la présence de cet homme dans ce quartier dé-fendi pour lui et ses pairs. Il n'aura certainement pas le loisir d'y rester longtemps...
Ta photo est saisissante.
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J
L'un et l'autre se côtoie de nos jours en ville, on est plus étonné du prix de l'un comme de la misère de l'autre, le tout et le rien sur les trottoirs font partie du décor... et chacun sa vie, merci Carole !
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