L'autre

Publié le par Carole

L'autre
Souvent, on voit cela, dans le tronc des très vieux arbres : un arbre de bois mort, emprisonné dans l'arbre vivant. Cadavre du jeune arbre mangé de capricornes, enchâssé comme un os dans le corps du vieil arbre encore vert.
Et je me dis que vieillir, ce n'est pas autre chose. Grandir sur celui qu'on n'est plus, l'ensevelir en soi-même. Puis dans la douleur de l'avoir perdu, de l'avoir tué peut-être, continuer, continuer, sans lui - toujours avec lui pourtant.
Etre soi-même et l'autre, toujours l'autre, celui qui est mort, mais qu'on porte à jamais en soi, à moins que ce ne soit lui, toujours lui, qui nous porte plus loin.

Publié dans Fables

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H
C'est superbement exprimé....La photo est belle...Je commence à peine à me familiariser avec le nouveau fonctionnement de la nouvelle version de mon blog...Je découvre les annonces de parutions, et j'ai juste publié hier ...C'est un peu l'aventure.
Amicalement.
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C
On finit par s'habituer à ces "nouvelles versions", il faut tâtonner un peu.
C
Tu nous décris là une version très poétique des poupées russes, j'aime beaucoup. Mais ce qui m'a saisie au premier abord, sur cette photo,c'est la vision d'un homme en costume. Même les boutons y sont. Et je n'imaginais pas une seconde que ton sujet serait celui-là... et pourtant ça colle terriblement bien...
Belle soirée à toi;
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J
Bonjour Carole. C'est lui "qui nous porte plus loin", j'en ai la conviction. Jolie pensée portée par ce billet ce matin. Merci. Jonas
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R
Intéressante et bien triste réflexion philosophique sur l'être, que ce texte Carole, à laquelle permettez-moi de ne pas adhérer : je ne pense pas qu'il y ait en nous "l'autre, celui qui est mort ..."

Il y a nous, toujours l'âme et l'esprit beaux, - ou pas ! -, quelles que soient les rides que la vie y a tracées.

De la naissance à la mort, l'on n'est que soi-même, jamais un autre ...

À tout le moins, est-ce ainsi que je le conçois ...
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D
Belle réflexion. Hier, dans un bois, j'ai vu, un "cadavre" de grand arbre. Mort depuis longtemps. Il tenait encore presque debout. Appuyé sur deux jeunes arbres bien vivant. Je me suis imaginé dans quelques années prenant appui sur mes jeunes enfants. La vie.....
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E
C'est une belle métaphore... qui me laisse perplexe cependant... Pour ma part, ce que j'ai gardé de ma jeunesse est toujours terriblement vivant et rebelle, et ne se laisserait pas étouffer par l'autre moi-même -celui qui vieillit- Quant à la partie de moi-même abandonnée (une partie de la jeunesse abandonnée en chemin)... je ne sais pas ce qu'elle est devenue, parce que pour moi, vieillir, c'est renoncer à cette partie-là et non pas l'enserrer et l'étouffer...
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F
ceux sont les jeunes qui nous poussent vers un ailleurs
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A
En effet c'est une façon de voir.
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M
Etonnant cet arbre mort qui semble servir de tuteur au jeune!
Et vieillir... " Mourir, cela n'est rien. Mourir, la belle affaire ! Mais vieillir... Oh ! vieillir ..." ( Jacques Brel )
Non, sans rire, pardon, sans pleurer, de la même façon que la vérité est purielle, nous ne sommes pas une personne stable, mais tous les je du passé, ceux du présent. Quant au futur cela dépend de l'âge et de la santé. Un petit sourire en pensant au conseil si fréquemment prodigué "Soyez-vous même". Je fais seulement semblant de ne pas comprendre. ;)
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D
Ca me parle beaucoup ce texte. Merci Carole
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Z
Est ce inquiétant ou est ce "ainsi"?....
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C
C'est ainsi.
Q
A moins que ce ne soit lui qui nous porte plus loin...
Je vais garder ta conclusion.
J'aime tes fables, Carole, elles m'émeuvent toujours au plus haut point.
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M
Comme tu racontes bien l'âme qui ne veut pas vieillir dans un corps déclinant hélas!
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N
Un beau texte pour une belle photo.
L'arbre mort a perdu son écorce et dévoile ses rides, et le cours sinueux de sa vie. La part encore vivante en soutient la mémoire.
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C
Des souvenirs de personnes défuntes me soutiennent, me soutiendront encore, comme cet arbre mort peut être une sorte de tuteur.
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J
Je crois Carole que c'est lui qui nous fait remonter à la source. J'aime beaucoup cette image et tes propos. Belle journée à toi. Amitiés; Joëlle
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A
C'est exactement ce que je ressens et il me semble qu'en vieillissant, on laisse volontiers, peut-être parce qu'on en prend mieux le temps, libre cours au "jeune" qui n'a pas forcément pu s'exprimer avant.
Quand tu disais l'autre jour que les arbres nous parlent...
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O
excellent article...divin pour accompagner le café & les croissants du samedi matin...même le "pseudoscorpion des livres" réfugié sous un repli d'écorce de ce platane ? est ravi...
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C
Pourquoi pas un "pseudoscorpion" en plus des capricornes ? Il y a du monde dans les arbres.
H
Magnifique!
C'est autre comme une semence en nous pour nous guider vers l'avant.
Vieillir c'est marcher sur ses rêves, ses désirs, chaque pas embrassant chacun d'eux, remerciant pour le chemin dessiné par notre âme pour nous mener vers cet autre qui est toujours nous.

Hélène*
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J
Nous sommes du deux en un... garder une part de sa jeunesse dans sa tête quand elle a fui le corps quand dans le miroir on se maquillera un peu plus, pour faire illusion... merci Carole !
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