L'autre

Publié le par Carole

L'autre
Souvent, on voit cela, dans le tronc des très vieux arbres : un arbre de bois mort, emprisonné dans l'arbre vivant. Cadavre du jeune arbre mangé de capricornes, enchâssé comme un os dans le corps du vieil arbre encore vert.
Et je me dis que vieillir, ce n'est pas autre chose. Grandir sur celui qu'on n'est plus, l'ensevelir en soi-même. Puis dans la douleur de l'avoir perdu, de l'avoir tué peut-être, continuer, continuer, sans lui - toujours avec lui pourtant.
Etre soi-même et l'autre, toujours l'autre, celui qui est mort, mais qu'on porte à jamais en soi, à moins que ce ne soit lui, toujours lui, qui nous porte plus loin.

Publié dans Fables

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Hécate 01/05/2015 18:59

C'est superbement exprimé....La photo est belle...Je commence à peine à me familiariser avec le nouveau fonctionnement de la nouvelle version de mon blog...Je découvre les annonces de parutions, et j'ai juste publié hier ...C'est un peu l'aventure.
Amicalement.

Carole 02/05/2015 02:02

On finit par s'habituer à ces "nouvelles versions", il faut tâtonner un peu.

cathycat 26/04/2015 20:06

Tu nous décris là une version très poétique des poupées russes, j'aime beaucoup. Mais ce qui m'a saisie au premier abord, sur cette photo,c'est la vision d'un homme en costume. Même les boutons y sont. Et je n'imaginais pas une seconde que ton sujet serait celui-là... et pourtant ça colle terriblement bien...
Belle soirée à toi;

Jonas D. 23/04/2015 11:23

Bonjour Carole. C'est lui "qui nous porte plus loin", j'en ai la conviction. Jolie pensée portée par ce billet ce matin. Merci. Jonas

Richard LEJEUNE 21/04/2015 07:33

Intéressante et bien triste réflexion philosophique sur l'être, que ce texte Carole, à laquelle permettez-moi de ne pas adhérer : je ne pense pas qu'il y ait en nous "l'autre, celui qui est mort ..."

Il y a nous, toujours l'âme et l'esprit beaux, - ou pas ! -, quelles que soient les rides que la vie y a tracées.

De la naissance à la mort, l'on n'est que soi-même, jamais un autre ...

À tout le moins, est-ce ainsi que je le conçois ...

dominique 20/04/2015 15:08

Belle réflexion. Hier, dans un bois, j'ai vu, un "cadavre" de grand arbre. Mort depuis longtemps. Il tenait encore presque debout. Appuyé sur deux jeunes arbres bien vivant. Je me suis imaginé dans quelques années prenant appui sur mes jeunes enfants. La vie.....

eva 19/04/2015 17:53

C'est une belle métaphore... qui me laisse perplexe cependant... Pour ma part, ce que j'ai gardé de ma jeunesse est toujours terriblement vivant et rebelle, et ne se laisserait pas étouffer par l'autre moi-même -celui qui vieillit- Quant à la partie de moi-même abandonnée (une partie de la jeunesse abandonnée en chemin)... je ne sais pas ce qu'elle est devenue, parce que pour moi, vieillir, c'est renoncer à cette partie-là et non pas l'enserrer et l'étouffer...

flipperine 19/04/2015 17:06

ceux sont les jeunes qui nous poussent vers un ailleurs

Aloysia 19/04/2015 14:15

En effet c'est une façon de voir.

michèle 19/04/2015 12:26

Etonnant cet arbre mort qui semble servir de tuteur au jeune!
Et vieillir... " Mourir, cela n'est rien. Mourir, la belle affaire ! Mais vieillir... Oh ! vieillir ..." ( Jacques Brel )
Non, sans rire, pardon, sans pleurer, de la même façon que la vérité est purielle, nous ne sommes pas une personne stable, mais tous les je du passé, ceux du présent. Quant au futur cela dépend de l'âge et de la santé. Un petit sourire en pensant au conseil si fréquemment prodigué "Soyez-vous même". Je fais seulement semblant de ne pas comprendre. ;)

dalva 19/04/2015 09:17

Ca me parle beaucoup ce texte. Merci Carole

zadddie 18/04/2015 21:33

Est ce inquiétant ou est ce "ainsi"?....

Carole 18/04/2015 23:50

C'est ainsi.

Quichottine 18/04/2015 17:36

A moins que ce ne soit lui qui nous porte plus loin...
Je vais garder ta conclusion.
J'aime tes fables, Carole, elles m'émeuvent toujours au plus haut point.

mansfield 18/04/2015 17:08

Comme tu racontes bien l'âme qui ne veut pas vieillir dans un corps déclinant hélas!

Nounedeb 18/04/2015 13:02

Un beau texte pour une belle photo.
L'arbre mort a perdu son écorce et dévoile ses rides, et le cours sinueux de sa vie. La part encore vivante en soutient la mémoire.

Cristophe 18/04/2015 12:59

Des souvenirs de personnes défuntes me soutiennent, me soutiendront encore, comme cet arbre mort peut être une sorte de tuteur.

JC 18/04/2015 10:51

Je crois Carole que c'est lui qui nous fait remonter à la source. J'aime beaucoup cette image et tes propos. Belle journée à toi. Amitiés; Joëlle

almanito 18/04/2015 08:47

C'est exactement ce que je ressens et il me semble qu'en vieillissant, on laisse volontiers, peut-être parce qu'on en prend mieux le temps, libre cours au "jeune" qui n'a pas forcément pu s'exprimer avant.
Quand tu disais l'autre jour que les arbres nous parlent...

Oups 18/04/2015 08:17

excellent article...divin pour accompagner le café & les croissants du samedi matin...même le "pseudoscorpion des livres" réfugié sous un repli d'écorce de ce platane ? est ravi...

Carole 18/04/2015 10:55

Pourquoi pas un "pseudoscorpion" en plus des capricornes ? Il y a du monde dans les arbres.

Hélène Carle 18/04/2015 01:17

Magnifique!
C'est autre comme une semence en nous pour nous guider vers l'avant.
Vieillir c'est marcher sur ses rêves, ses désirs, chaque pas embrassant chacun d'eux, remerciant pour le chemin dessiné par notre âme pour nous mener vers cet autre qui est toujours nous.

Hélène*

jill bill 18/04/2015 01:01

Nous sommes du deux en un... garder une part de sa jeunesse dans sa tête quand elle a fui le corps quand dans le miroir on se maquillera un peu plus, pour faire illusion... merci Carole !