Printemps

Publié le par Carole

Printemps
Posé comme un poème inachevé sur "l'aponogéton distique", le vieux nid les avait attendues patiemment tout l'hiver. Car elles rentrent toujours, les poules d'eau du Jardin, au logis des années précédentes
Mars était revenu. On les avait vu s'évertuer, transportant brindilles et feuillages, pour enrichir la strophe trop longtemps délaissée.
Puis elles avaient couvé, l'une après l'autre, toutes rêveuses, leurs gros oeufs pailletés d'incertain comme des vers sans rime.
Et tout à l'heure ils étaient nés, brisant d'un frisson leur coquille, ouvrant leurs yeux ébouriffés, happant la vie dans leurs becs palpitants.
Cinq petits printemps qui rimaient au soleil, scandant le désir et la faim, assonant l'avenir. Un quintil.
C'est un malin, le poète du Jardin. Un grand artiste, qui nous écrit le temps avec des mots vivants.

Publié dans Nantes

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Quichottine 24/03/2015 01:35

Magie d'un texte à lire et relire pour en savourer chaque ligne.
Merci pour ces mots vivants.

flipperine 23/03/2015 17:31

que c'est joli une couvée d'oiseaux

mansfield 22/03/2015 19:18

Emouvant de voir la vie se renouveler sans cesse et semer de la joie au printemps!

Aloysia 21/03/2015 22:02

Bravo pour ce superbe poème ailé !

Louv' 21/03/2015 19:50

Comme le souligne Almanito, c'est toi le poète ! Le printemps, la naissance et la vie passent inaperçus aux yeux de certains. Mais toi tu vois tout, tu perçois, tu ressens....pour notre plus grand plaisir !

FAN 21/03/2015 16:25

Ils sont si fragiles encore ces cinq petits printemps mais si émouvants que l'on remercie la maman de nous faire partager l'ode à la vie comme écrit si bien Richard!! BISOUS FAN !

eva 21/03/2015 14:00

Merveille ! rien à ajouter à ce mot ! un bijou de texte !

Richard LEJEUNE 21/03/2015 12:10

Ode à la vie ; ode à la nature.
Ode à la poésie et au vocabulaire pour la définir.
Harmonieuse symbiose en quelques belles lignes.
Remarquable texte.
Bravo !

Carole 21/03/2015 13:59

Merci Richard.

Anne-Marie 21/03/2015 09:27

Je t'avoue Carole que sans comprendre le mot "quintil", clef de voute de ton texte ( parce qu'il permet notamment de comprendre l'emploi du mot "strophe",) j'avais du mal à le .comprendre...Je me coucherai ce soir un moins bête, un peu moins inculte que je me suis levée, comme on dit!

Carole 21/03/2015 13:59

C'était un peu savant, mais je n'ai pas pu résister : ce "distique" appelait le "quintil". Je trouvais cela tellement mignon, ces petits oiseaux en guise de vers pour composer une seule strophe d'harmonie.

Catheau 21/03/2015 08:54

Un aponogéton distique pour clôturer le Printemps des Poètes, c'est fantastique !

almanito 21/03/2015 08:51

Et je crois bien que c'est toi, la poète du jardin.
Je savoure ce texte délicieux.

Nounedeb 21/03/2015 08:17

L'aponogéton distique
Voudrait que l'on fit deux vers.
La nature, bucolique,
De cinq petits découverts,
Veut quintil: j'obtempère...
** )

jill bill 21/03/2015 06:57

Herbe aquatique vivace me dit Google... je souris à la scène étiquetée dont on croirait le nom de cette poule d'eau... merci Carole