Le dieu dans l'arbre

Publié le par Carole

Le dieu dans l'arbre
On l'avait tronçonné étêté amputé retaillé et scalpé... et, contre toute attente, on avait libéré le dieu qui se cachait dans l'arbre.
Etirant dans l'air bleu ses grands bras engourdis aux paluches de gorille, humant le ciel de ses naseaux d'ours, secouant sous le soleil sa tignasse de porc-épic, tandis que craquait dans la mue son écorce d'iguane, il hésitait encore, entre sommeil et jour, à ouvrir ses yeux clos de tortue paresseuse.
Bientôt il bondirait, emportant dans ses bois des feuillages et des nids, comme un renne de l'année.
Un dieu, je vous dis, un dieu, planté en vieux totem dans le champ du printemps, prêt à prendre sa course pour l'éternelle résurrection.
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M
Un arbre en moignons mais digne et sobre avant que des pompons de croissance verte risquent de le ridiculiser
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J
Un dieu de plus, pourquoi pas, gageons que celui-ci nous rende pour longtemps le bleu du ciel. Merci Carole ! Jonas
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M
Imagination au rendez-vous, bravo Carole!
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Q
Que c'est joli !
Je suis sûre que tu as raison... il va renaître, sans nul doute.
Merci, Carole.
Passe une douce soirée.
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F
j'espère que cet arbre va repousser comme il faut il est bien triste là
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M
Et lorsque d'interminables tiges souples lui auront poussé sur la tête et au bout des moignons, il paraîtra plus étrange, plus fol encore, ce dieu échevelé aux vents du printemps. Plus vivant aussi, ressuscité, tu le dis, par la grâce des coups de cisaille des hommes. Car c'est là l'un des mystère de la nature : couper pour renaître.
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F
Il sera toujours le maître, la nature le veut ainsi!! Superbe photo BISOUS FAN
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L
Il est superbe, ce dieu, Carole, bourgeonnant, tourné vers le ciel, prêt à éclore d'une verdure inattendue. Oui, un dieu, tu l'as dit, à l'essor à la fois charnel et i inattendu qu'il en devient presque miraculeux. Il a dans les veines la puissance de la terre, l'élan de la nature sans cesse bouillonnante et la force conjuguée de tous ces animaux robustes dont il prit un à un la silhouette, et que tu reconnus, ô Carole toujours si proche des métamorphoses invisibles! Merci à toi, tu m'a comblée.

Lorraine
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H
Je suis toujours émerveillé par les écrits de Carole. La visite de son blog fait en moi l'effet d'une drogue et de ce fait je dois venir faire un tour et y lire ces beaux textes. Merci Carole
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C
Merci Hamza. J'ai eu du mal à reprendre après la "mise à jour" si pénible, alors ces encouragements me vont droit au coeur. Merci encore.
N
Trogne, truisse, chapoule, ou ragosse,
Arbres en têtards font ronde-bosse.
Les mythes grecs, bien avant toi
Avaient vu des dieux dans les bois...
** )
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C
Très beau poème, merci et bravo, Nounedeb !
R
L'oeil de la poétesse, toujours plus ouvert que le nôtre ...
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A
Quelle merveilleuse inspiration !! Que de bêtes fabuleuses dans ces moignons d'arbre ! Bien sûr, la vie fourmille dans ces bosses charnues et comme tu as su nous le faire ressentir ! Merci Carole pour ces mots.
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J
Comme les saules têtards qui ont droit au même traitement.... on l'ampute mais il repart de plus belle.... ;-)
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A
Un arbre poético-mythologique, tu penses, la main de l'homme, même armée d'outils ne peut rien contre lui!
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